Preuves d’amour. Lisa Gardner

Alors qu’un nouveau roman de la série D.D. Warren, écrit par Lisa Gardner, est sorti aux éditions Albin Michel, le 5 Janvier 2022 sous le titre N’avoue jamais, je continue ma découverte avec le cinquième épisode de cette épopée policière : Preuves d’amour.

Preuves d'amour - Lisa Gardner

L’histoire

Tessa Leoni, officier de police respecté, a abattu son mari en lui tirant trois balles dans le corps avec son arme de service. Elle ne supportait plus la violence de ce dernier. C’est la version qu’elle donne à l’inspectrice D.D. Warren lorsque celle-ci arrive sur les lieux. Mais, si les bleus sur le visage de la jeune femme sont irréfutables, il y a une chose que D.D. Warren ne s’explique pas : sa petite fille de six ans a disparu, et Tessa reste évasive à ce sujet. Que cherche-t-elle à cacher ? Les deux femmes vont s’affronter pour une même cause : la survie de l’enfant.

Mon avis

Après le très bon moment passé en lisant Les morsures du passé, je suis ravie de retrouver l’inspectrice de choc D.D Warren pour une nouvelle enquête. Lisa Gardner introduit ici, un personnage que l’on retrouve ensuite dans d’autres de ses romans, j’ai nommé l’officier Tessa Leoni. Si vous aimez l’auteure, vous avez peut être déjà croisé ce nom dans Famille parfaite (Albin Michel, 2015) ou encore Le saut de l’ange (Albin Michel, 2017).

Dans Preuves d’amour, Tessa Leoni n’est pas là en tant que enquêtrice, son rôle tient plus de la victime. Ou de la coupable, allez savoir. Car D.D Warren, appelée sur une scène de crime, se retrouve face à cette collègue et tout porte à croire qu’elle a agit en légitime défense. Mais le flair de notre inspectrice sent venir l’entourloupe. Il y a anguille sous roche et surtout il y a Sophie. La fille de Tessa. Disparue. Que s’est-il réellement passé dans cette maison ? Tessa Leoni nous entraîne dans des sentiments contradictoires, et c’est parfois assez difficile de démêler ses ressentis. De la maman désespérée, à la mère sans foi, ni loi, ni remords, on ne sait pas toujours sur quel pied danser…

Une nouvelle fois, Lisa Gardner nous propose une affaire avec, comme l’un des éléments centraux, la disparition d’enfant, pour notre plus grande horreur. C’est donc une marque de fabrique chez cette plume, d’utiliser notre progéniture sans défense comme victime, perte ou dommage collatéral. Et pourtant, chaque enquête est différente malgré tout. Je n’ai aucun sentiment de redondance, bien au contraire. Les tenants et aboutissants de cette affaire nous guident dans les méandres d’une famille recomposée, qui aurait pu vivre heureuse longtemps. Pourtant le visage tuméfié de l’officier Leoni nous indique le contraire. Mais ne vous fiez jamais aux apparences, certainement pas avec Lisa Gardner !

« Une question : quel est le premier réflexe d’un policier, se protéger ou protéger les autres ?
– Protéger les autres.
– Et quelle est la priorité d’une mère ? Se protéger ou protéger son enfant ?
– Son enfant.
– Et pourtant, la fille de l’agent Leoni disparaît et son premier mouvement est d’avertir son délégué syndical et de se trouver un bon avocat.
– Peut-être que ce n’est pas une très bonne policière.
– Peut-être que ce n’est pas une très bonne mère. »

Chapitre 5

Entre addictions, erreurs du passé, violences conjugales, manipulations et non dits, cette nouvelle enquête va chambouler profondément cette chère Warren, intraitable lors des derniers romans. Car cette femme flic, se montre ici plus soucieuse, pour ne pas dire plus émotionnelle, bien que toujours aussi téméraire. Je vous le disais dans ma chronique du précédent roman , une faille est ouverte. Quelque chose a changé en elle, dans sa vie, et cette affaire résonne en son être d’une manière étrange. Comme un écho à ses propres questionnements. La vérité l’aidera t-elle à vaincre ses incertitudes ? C’est une évolution dans le personnage qui m’a plu, laissant apparaître quelqu’un de plus accessible, même si j’adore son côté distant, détestable et incontrôlable.

Et surtout j’ai eu le grand plaisir de retrouver le personnage de Robert « Bobby » Dodge, que j’avais beaucoup apprécié dans Sauver sa peau, et qui depuis, n’avait fait que quelques apparitions. Sa présence est ici omniprésente, même si parfois discrète, et en plus d’être un rouage important de cette affaire, il sera également un rempart, un ami, tout aussi nécessaire pour sa coéquipière D.D. en pleine introspection. Un duo qui fonctionne, en somme.

Le charme opère toujours, j’aime ce sentiment d’insécurité, de ne pas savoir et d’être emmenée de révélations en suspicions jusqu’aux dernières pages. A suivre…

Ce roman fait partie de mon objectif : Rencontre avec D.D. Warren.

« Preuves d’amour » de Lisa Gardner. Le Livre de Poche, 2015.

22 commentaires sur “Preuves d’amour. Lisa Gardner

    1. Bonjour, ça va merci, et toi ? Avec plaisir ! Je comprend que tu ne l’ai jamais lu, les polars n’étant pas ton fort. Surtout que Lisa Gardner aime intégrer des enfants dans ces affaires, ça rend l’histoire plus difficile encore !
      Passes une belle journée 😊

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